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Apprendre les langues sous hypnose : une bonne stratégie ?

Muriel Josselin,  19 juillet 2023 (date de mise à jour) 

apprendre langue hypnose

Introduction : les difficultés à apprendre une nouvelle langue 

Qui n’a pas essayé d’apprendre une langue… pour y renoncer aussitôt ? 

« J’ai toujours été nul en langues ! » 

« Je comprends mais je n’arrive pas à m’exprimer ! » 

« Il y a des accents auxquels je ne comprends rien », 

« J’essaie de regarder des séries, mais je dois lire les sous-titres et ça va trop vite », 

« J’ai pris des cours, mais je suis toujours bloqué »… 

C’est donc souvent en dernier recours que les clients tentent ce qui leur semble leur dernière chance : apprendre une langue sous hypnose ! Et si c’était plus qu’une dernière chance ?

Avant de parler de l’apprentissage des langues sous hypnose, nous allons évoquer l’apprentissage traditionnel’ des langues à l’école.

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Comment apprend-on une langue au collège ?

Généralement en classe, du fait de la taille des groupes – 35 élèves bien souvent – le temps de pratique et de manipulation de la langue est court, même si les profs de langues ont entamé une modification de leurs pratiques (des cours plus digitalisés et plus interactifs). 

Les anciennes méthodes étaient très structurées, et favorisaient les compétences dites linguistiques (grammaire, conjugaison) par rapport au développement des capacités de communication. 

Pour tout apprentissage, il est important de la contextualiser dans le cadre d’un objectif. Or, le but d’une langue est surtout d’être parlée et comprise, pour pouvoir notamment échanger avec des personnes parlant ce même langage.

Dans un cours traditionnel, le professeur attend de l’élève qu’il emploie une structure qui a été travaillée en cours. Il pose des questions et rédige des évaluations pour que l’élève emploie la structure étudiée.  Et malheureusement, l’élève cherche parfois davantage à trouver la structure que le prof attend plutôt que de mobiliser une des alternatives possibles pour s’exprimer et reste sans voix quand il ne retrouve pas cette structure. 

En d’autres termes, si l’élève pense que le professeur attend une réponse A, il cherchera et donnera la réponse A, ou sera inhibé, même s’il existe une infinité de possibilités pour répondre à la question.

La communication est alors interrompue. Mais dans une conversation normale, l’interlocuteur n’attend pas une structure précise : il attend une réponse “logique” en lien avec sa question ou tout simplement ce qu’il vient de dire. 

Pourtant, nous observons tous les jours en cours des gens “bloqués”, inhibés car ils essaient de deviner la structure attendue, plutôt que de simplement exprimer leur idée.

Les pratiques, fort heureusement, évoluent et les  profs de langues intègrent il est vrai davantage des modalités d’apprentissage coopératif et des saynètes dialoguées, mais le temps de parole des apprenants reste (trop) restreint. 

Voici la vidéo d’un enseignant qui utilise une approche novatrice : rapper pour mémoriser les verbes irréguliers ! 

Peut-être avez-vous déjà vu cette vidéo virale de cet enseignant inspirant… et inspiré, qui a trouvé une méthode originale pour aider ses élèves à apprendre les verbes irréguliers en anglais. Dans cette vidéo captivante, on peut voir cet enseignant dynamique motiver ses élèves à l’aide d’une approche ludique et musicale.

Tout en faisant du RAP, l’enseignant guide ses élèves à travers les formes irrégulières de ces verbes souvent difficiles à mémoriser. Les paroles de la chanson, habilement adaptées pour inclure les verbes irréguliers, leur permettent de répéter et de se familiariser avec ces mots clés de la langue anglaise.

Et ces verbes irréguliers peuvent progressivement s’ancrer dans l’inconscient des élèves.
D’ailleurs, quel Parisien utilisant le métro ne connaît pas cette phrase par cœur, sans avoir jamais fait aucun effort pour la mémoriser “Please mind the gap between the train and the platform”

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My taylor is rich : une approche dépassée ?

“My taylor is rich”, qui signifie “Mon tailleur est riche” est la première phrase de L’Anglais sans peine, ouvrage de la méthode Assimil d’apprentissage de l’anglais, écrit par Alphonse Chérel en 1929. Cette phrase a été créée en utilisant des mots transparents (tailor > tailleur, rich > riche) afin de faciliter le début de l’apprentissage.” La limite de cette méthode réside dans l’apprentissage de phrases souvent… inutiles. Qui d’entre-nous a déjà utilisé cette phrase avec un anglophone ? 

Bref, bien rares sont ceux qui sortent de ces cours en maniant avec fluidité et plaisir la langue de Shakespeare, sans parler de celle de Goethe…..

Mais comment apprend-on une langue ? Entrons dans la boîte noire …

Neurologie et apprentissage

Deux zones du cerveau sont majoritairement en jeu dans la maîtrise d’une langue.

  • L’aire de Wernicke est en charge de la compréhension. Chaque langue a une fréquence qui lui est propre, et notre oreille “se fige” vers nos 7 ans sur les fréquences des sons de la langue maternelle et “se ferme” à toutes les tonalités auxquelles elle n’est pas familière.
  • L’aire de Broca, quant à elle, gère la production du langage. Et l’appareil phonatoire se fige vers nos 10-12 ans sur les mécanismes de prononciation des sons de notre langue maternelle, rendant difficile la prononciation des langues apprises après l’adolescence. D’où le fameux « th » que l’on postillonne maladroitement, ou le « r » à rouler en italien ou en espagnol qui nous rendent souvent ridicules. Cette zone compartimente également les différentes langues apprises, sauf pour les enfants qui grandissent dans un environnement multilingue qui parviennent à avoir ces langues d’enfance qui cohabitent dans la zone langue maternelle.
Activités cérébrales

Outre le fait d’entendre et distinguer des sons puis de savoir les reproduire, apprendre une langue demande aussi de solliciter sa mémoire pour emmagasiner des mots, des structures, des expressions, … pour les utiliser à bon escient par la suite.

Les étapes de l’apprentissage 

Pour mémoriser, nous devons passer par 3 étapes :

  1. Il doit d’abord y avoir création des traces mnésiques (plus on répète, plus on crée une trace profonde qui ne se rebouchera pas facilement). Le neuropsychologue Donald Hebb développa dès les années 1950 une théorie pionnière sur le fonctionnement du cerveau dans l’apprentissage. Notre cerveau stocke les informations dans des réseaux de neurones (via les synapses). L’apprentissage consiste en un renforcement progressif de ces liens synaptiques,  la fameuse plasticité neuronale. C’est pourquoi la pratique ou la révision empêche les synapses de s’affaiblir, et que dès lors que l’on a atteint un certain niveau (en langues, notamment), les sillons sont suffisamment profonds, les liens suffisamment puissants pour que l’apprentissage reste solide dans le temps. Bref, Hebb … et le flow dans l’apprentissage (les linguistes apprécieront 😊)
  2. Puis il s’agit de l’étape de stockage des informations : au final, la mémoire n’est que l’activation de ces réseaux.
  3. Et enfin restitution de l’information en empruntant de nouveau le chemin des traces mnésiques, sous l’effet d’une stimulation (une question dans une conversation, un énoncé de problème, une consigne dans un exercice…). 

Apprentissage et ondes cérébrales

Notre cerveau fonctionne avec des ondes cérébrales dites Thêta puis Alpha. On emmagasine un maximum d’informations dans la petite enfance, qui continuent de tourner en mode automatique, parfois de façon inconsciente et souvent utile, en arrière-fond de notre cerveau. . C’est ce qui explique que l’on ne se pose plus la question de comment marcher ou comment faire ses lacets chaque jour de notre vie : on a emmagasiné le processus. Un cerveau adulte, lui, fonctionne en mode Bêta, avec une plasticité moindre ou du moins à entretenir… Donc il lui est plus difficile d’apprendre une nouvelle langue.

onde cérébrale

Dimension émotionnelle de l’apprentissage 

Il y a enfin une dimension émotionnelle à tout apprentissage : sans sentiment de sécurité, personne n’est vraiment disponible pour apprendre efficacement. Et sans plaisir, il en va de même. Le levier principal de motivation se trouve dans notre système de récompense, qui du plus profond de notre cerveau nous incite à refaire ce qui nous procure du plaisir et à fuir ce qui nous ennuie ou nous procure de l’inconfort. 

De nouvelles approches pédagogiques (ludopédagogie, suggestopédie, apprentissage sous hypnose, gamification de l’enseignement) ont fait leur apparition sur la base de deux paradigmes du ludo-enseignement: l’edutainment ou le playful learning. Reste à déterminer, entre ces deux paradigmes, à quel moment le jeu devient non plus un élément favorisant mais concurrent de l’apprentissage.

Remarque : si vous souhaitez améliorer votre capacité à mémoriser et à restituer les informations stockées, notre formation Techniques de Mémorisation devrait vous intéresser. Contactez-nous au 09.86.87.90.37 pour en savoir plus. 

Apprendre : une histoire d’émotions

Si l’on vous demande ce que vous faisiez le 12 Avril 2007, il est fort probable que vous ne vous en souveniez pas.

Par contre, si l’on vous demande de vous souvenir précisément ce que vous faisiez le 11 Septembre 2001, vous saurez tous répondre car ce jour-là vos émotions ont ancré l’événement au plus profond de votre mémoire.

Le cerveau, comme le disait Bandler, co-créateur de la PNL, est une fabuleuse machine à apprendre. 

“Le problème n’est pas qu’il ne peut pas apprendre, comme on nous l’a dit trop souvent. Le problème est qu’il apprend trop vite et trop bien. Par exemple, prenez une phobie. Une seule expérience est bien souvent suffisante”.

Ainsi, si vous voulez que les élèves oublient tout, soyez ennuyeux; si vous voulez que vos élèves se rappellent des éléments de votre cours, soyez captivants et aidez-les à associer des émotions aux éléments à retenir.  

Et si l’hypnose permettait de résoudre ce casse-tête ?  

Comment se passe un cours de langues sous hypnose ?

L’apprentissage des langues sous hypnose est de plus en plus réputé : comment cela fonctionne au juste ?

L’hypnose permet de repasser le cerveau en ondes Alpha puis Thêta, des fonctionnements propices à la mémorisation et à l’imagination. 

Comme on l’a vu, le processus de mémorisation est crucial pour l’apprentissage d’une langue comme pour tout apprentissage. L’hypnose met l’apprenant dans un état favorable à cette mémorisation. De plus, certaines suggestions peuvent encore renforcer la fluidité du stockage et permettre au client de se voir en train de manier la langue avec aisance et plaisir. Et le cerveau va réussir à s’en convaincre !

Et pour apprendre les langues sous hypnose, c’est l’hypnose ericksonienne que l’on utilise en général (car oui, il existe différentes familles d’hypnoses, différentes formes d’hypnose). 

Une musique conçue spécialement permet à l’oreille du client de se rouvrir aux fréquences de la langue cible. L’écoute et la répétition permettent de rééduquer les aires de Broca et Wernicke.

Enfin, un accompagnement par suggestions de réassurance et une rectification sans sanction des erreurs permettent d’aider le client à lever toute inhibition, de la même manière que durant une séance d’hypnothérapie.

Bref, dans ces cours de langues sous hypnose, on active tous les leviers de l’apprentissage : confiance, écoute, répétition, mémorisation, restitution, visualisation…

Si vous voulez en savoir plus sur la façon dont on se sent durant une séance d’hypnose, nous vous invitons à lire cet article

Apprendre des langues sous hypnose : décryptage

Voici une méthodologie fréquemment utilisée pour l’apprentissage des langues sous hypnose. Chaque heure de cours est découpée en 3 phases de 20 minutes chacune :

  1. Phase 1 : nous mettons la personne sous hypnose, nous lui lisons un texte dans la langue cible  plusieurs fois et le lui faisons répéter deux fois. Un des ressorts de la mémorisation est la répétition, c’est donc l’un des leviers utilisés dans la méthode. On répète de façon intensive pour créer un nouvel ensemble de neurones dédié à la mémoire des structures étudiées. Pendant cette phase, le client entend la musique conçue pour ces cours qui permet de faciliter les apprentissages. 
  1. Phase 2 : nous sortons la personne d’hypnose et nous l’interrogeons sur ce qu’elle a entendu, perçu et compris. Après, nous travaillons sur les structures qui ont été entendues, nous les automatisons et aidons le client à utiliser la structure dans une grande variété de situations. Le plus important ce n’est pas de mémoriser des mots mais de mémoriser les chaînes de mots. Cela reste un cours de langues, et c’est là que la pédagogie du formateur fait la différence (choix des structures étudiées et des variantes proposées au client en fonction de son niveau et de son besoin, ancrage émotionnel de ces même structures)
  1. Phase 3 : on remet la personne sous hypnose, avec la musique, et on lui fait répéter plusieurs fois le même texte. Cette phase est enregistrée et la personne va pouvoir repartir avec son enregistrement afin de l’écouter chez elle et s’imprégner encore plus de ces structures. La personne devra répéter à voix haute les structures, pour entraîner sa fameuse aire de Broca. Ainsi, entre deux journées de cours, le client procède à une réactivation espacée pour passer de la mémoire immédiate à la mémoire long terme.

Est-ce que cela fonctionne pour tout le monde ?

Oui, cela fonctionne pour tout le monde. D’ailleurs, au-delà de l’apptentissage d’une langue, bon nombre de personnes se posent la question “Est-ce que l’hypnose fonctionne pour tout le monde ?”. La réponse est un grand OUI. Vous pouvez consulter notre article à ce sujet en cliquant ici

Petite précision : il existe des protocoles d’hypnose variés pour réussir avec tout type de profil, même si le protocole standard fonctionne avec la grande majorité des clients. Il y a des gens pour qui l’hypnose n’est pas conseillée, notamment pour ceux qui souffrent de psychoses et de pathologies psychiatriques. 

Retrouvez la liste des contre-indications à l’hypnose dans cet article

Vous pouvez retrouver notre article sur les contre-indications de l’hypnose en cliquant ici.

Pour d’autres (épilepsie par exemple) c’est tout à fait possible, mais une vigilance accrue est nécessaire, et un accord médical au préalable nécessaire.

hypnose apprendre langue

 A quel niveau arrive-t-on avec cette méthode ? 

Le niveau atteint par le client en fin de formation  dépend d’une multitude de facteurs :

  • de son niveau de maîtrise de sa langue maternelle,
  • du nombre de langues qu’il maîtrise par ailleurs,
  • de son assiduité à réécouter les leçons enregistrées,
  • de sa pratique au quotidien en situation d’interactions….

Déjà après une vingtaine d’heures les personnes remarquent une réelle différence. Les clients peuvent faire un stage de 40 heures de langue dans la semaine sans fatigue, ce qui est difficile à “endurer” avec les méthodes traditionnelles. 

Vous pouvez  être un parfait débutant ou avoir un niveau déjà avancé; votre professeur doit évidemment s’adapter à votre niveau, et peut travailler des textes sur des demandes spécifiques.

Globalement, ce qui est visé c’est une aptitude à échanger dans un confort émotionnel qui évite l’inhibition. Bref, grâce aux cours sous hypnose, on ose speak English !

apprendre langue

Apprendre une langue sous hypnose : un gain de temps ?

Les apprenants font souvent des stages de 40 heures, ce qui leur assure un vrai progrès en une semaine seulement, un peu comme dans un stage en immersion dans un pays. 

D’ailleurs, un hypnothérapeute expert peut aussi vous faire vivre une expérience de “voyage hypnotique” dans un pays étranger sous hypnose, ou encore vous “transformez” le temps de la séance en un anglophone (si vous désirez apprendre l’anglais). Cela peut être une expérience d’apprentissage extrêmement bluffante et pertinente (en plus d’économiser le prix du billet d’avion, et de réduire votre empreinte carbone…).

Et puis, au lieu d’être fatigués par une journée de 8 heures de cours, les clients se sentent très souvent ressourcés. Si certains le désirent, après la pause prandiale on peut leur faire une hypnose plus longue pour accentuer le ressourcement et remettre en énergie. Ils disent souvent qu’ils ne voient pas le temps passer, et c’est d’ailleurs un effet que l’on retrouve avec l’hypnose, une distorsion du temps qui se fait naturellement ou que le praticien peut induire pour rendre la séance plus efficace ou agréable pour son client. 

Apprendre des langues étrangères sous hypnose : qu’en dit la science ?

Il n’existe pas encore énormément de littérature scientifique à ce propos, mais une étude datant de 2016 publiée dans l’American Journal of Clinical Hypnosis, a mis en évidence l’intérêt de l’hypnose pour améliorer la rétention immédiate et à 7 jours de mots de base. 

Vous trouverez les références de cet article en fin d’article. 

Introduction de l’étude

Cet article discute des effets de l’hypnose sur l’apprentissage du vocabulaire dans une seconde langue. L’importance de la relation entre l’hypnose et le rappel de la mémoire en apprentissage académique est soulignée. 

Méthodes

Les participants (N = 70) ont été répartis au hasard dans un groupe d’hypnose ou un groupe témoin. Ils ont été pré-testés, puis on leur a présenté 21 mots en espagnol, et ils ont été post-testés immédiatement et une semaine plus tard. Les données ont été analysées en utilisant une analyse de variance à mesures répétées avec le groupe (expérimental versus témoin) comme facteur inter-sujets, et le temps comme facteur intra-sujets.

Résultats

Le groupe expérimental a significativement mieux performé dans les deux tests.

L’hypnose a donc un effet bénéfique sur la rétention à court terme du vocabulaire d’une langue étrangère. 

Autres études citées 

Cette étude corrobore les résultats d’autres études sur des travaux antérieurs, notamment ceux d’un chercheur, Lozanov, qui les années 1970, un sans mentionner à proprement parler le terme « hypnose », avait développé la théorie de la Suggestopédie, où la suggestion était considérée comme un outil d’enseignement. Cette théorie suggère que la mémorisation du matériel appris, en particulier l’apprentissage d’une seconde langue, peut être accélérée grâce à des conditions suggestopédiques et de détente.

Si plusieurs études ont  prouvé d’une part que l’anxiété et le stress pénalisent la mémorisation  (e.g., Ashcraft & Kirk, 2001; Hudetz, Hudetz, & Klayman, 2000; Lavric, Rippon, & Gray, 2003; Shackman et al., 2006) et que d’autre part l’hypnose peut désinhiber en réduisant l’anxiété par la relaxation (Çetin, Griffiths, Yetkiner, & Kınay, 2015; Gruzelier, 2002; Saadat et al., 2006), et qu’enfin l’hypnose peut améliorer la mémoire à long terme et les résultats scolaires (De Vos & Louw, 2006; Schreiber, 1997; Schreiber & McSweeney, 2004; Wark, 1996), à l’opposé, d’autres études n’ont pas pu démontrer d’amélioration, voire ont fait apparaître un moins bon résultat pour un groupe sous hypnose.

Une étude de 2006 par Halsband est peut-être en mesure d’éclairer sur sur un point crucial: une efficacité différente de l’hypnose selon que la personne est plus ou moins hypnotisable… Les résultats de la chercheuse portant sur 22 personnes ont suggéré que les 11 participants hautement hypnotisables se rappelaient significativement plus de mots que les 11 participants faiblement hypnotisables et que les performances d’apprentissage des sujets hautement hypnotisables sous hypnose étaient meilleures par rapport à leurs performances d’apprentissage sans hypnose. L’étude ne permettait pas de prouver une amélioration de la performance d’apprentissage pour l’hypnose avec des sujets faiblement hypnotisables. 

Pour éliminer ce biais, « l’hypnotisabilité » des sujets demanderait à être évaluée en amont des études, par des tests comme le Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, le Stanford Hypnotic Susceptibility Scale), le Hypnotic Induction Profile ou le Phenomenology of Consciousness Inventory. (NB : après 7 ans de pratique, aucun sujet non hypnotisable rencontré, même ceux qui semblaient douter de leur capacité à entrer en hypnose)

Conclusion et Discussion

Les résultats suggèrent que l’hypnose est bénéfique pour l’apprentissage et la récupération du vocabulaire de base dans une seconde langue. L’étude pourrait ouvrir vers de futures recherches sur les effets de l’hypnose sur l’apprentissage, notamment en considérant d’autres aspects que la simple mémorisation de vocabulaire.

Notre avis sur cette étude

Cette étude porte, comme beaucoup d’autres, surtout sur la rétention de mots de vocabulaire, or une langue n’est pas seulement cela. Les autres dimensions incluent la lecture, la compréhension, l’expression seul ou en interaction, la production d’écrits… mais il est vrai que toutes ces compétences majeures en termes de maîtrise d’une langue ont avoir avec le stock de vocabulaire maîtrisé. 

Il serait donc souhaitable que d’autres études scientifiques évaluent l’intérêt de l’utilisation de l’hypnose dans l’apprentissage des langues dans toutes ses composantes.

Par ailleurs, il faut bien considérer que 3 étapes des études peuvent être sources de biais :

  • le protocole d’hypnose utilisé, 
  • la pédagogie menée pendant la phase d’enseignement, 
  • la méthodologie de traitement statistique des données. 

On pourrait envisager d’étudier l’impact de l’hypnose en faisant varier les protocoles et en cherchant le process pédagogique idoine. 

Un autre biais soulevé par les auteurs de l’étude correspond au fait d’être motivé à tester l’hypnose peut induire une réussite supérieure du groupe expérimental. Mais… Est-ce vraiment à déplorer ?  On sait que la motivation est un levier d’apprentissage. L’hypnose peut donc servir de dimension ludique ou gamifiante de l’apprentissage, et créer un attrait plus fort, une désirabilité propice et favorable à l’apprentissage. 

Retours d’apprenants sur l’apprentissage des langues étrangères sous hypnose

Pendant leur parcours de formation, les clients expliquent qu’ils se sentent : 

  • reposés, 
  • surpris et ravis de découvrir l’état de transe hypnotique, 
  • coupés du temps, 
  • “comme sur un nuage”, 
  • légers et détendus, 
  • plus à l’aise avec la pratique, et qu’ils ont amélioré leur accent, 
  • plus fluide dans leur expression orale (et moins attachés au regarde de l’autre) , 
  • décomplexés et sereins, plus confiants…

Evidemment, chaque transe hypnotique est unique et personnelle et les ressentis peuvent varier d’un individu à l’autre. 

Ils sont aussi enchantés d’être pris en charge dans un contexte différent qui les sort d’une approche scolaire rébarbative. 

Le fait d’être accompagné par une équipe internationale pour se confronter et absorber différents accents, point crucial de l’apprentissage d’une langue, est aussi un plus indéniable, que l’on pourrait même qualifier de nécessité. En effet, lors des phases de répétition, cela leur permet rapidement de s’imprégner et “d’imprimer “la cadence et l’accent du formateur. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur comment l’on se sent pendant et après une séance d’hypnose, vous pouvez consulter cet article

Conclusion 

Bref, l’hypnose est un facilitateur de l’apprentissage d’une langue, l’autre ingrédient majeur étant la pédagogie utilisée pour mobiliser les principaux leviers de l’apprentissage que sont l’attention/concentration, la mémorisation et le transfert, la réflexion, l’imagination, la motivation et la confiance.  

Se projeter dans l’utilisation de la langue et  continuer de la manipuler seront également des facteurs de succès à long terme. 

Apprendre sous hypnose est probablement une chose à tester, tout au moins avant d’être définitivement découragé d’apprendre une langue. Et c’est une belle occasion pour découvrir l’hypnose qui pourra être utilisée pour d’autres volets de sa vie. 

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez un praticien en hypnose compétent

Résumé

✅ L’apprentissage des langues est souvent un (très) mauvais souvenir
✅ Des approches ludiques peuvent être plus pertinentes pour apprendre les langues
✅ L’hypnose est un atout pour apprendre les langues
✅ L’hypnose est de plus en plus utilisée pour l’apprentissage des langues
✅ L’hypnose est utile pour outrepasser les barrières et limites mentales, et pour faciliter les apprentissages inconscients

A propos de l’auteur

Après une formation en management et un parcours en entreprise dans des métiers de communication, Muriel Josselin a choisi de se consacrer totalement au développement de l’homme.

Professeur des écoles pendant 15 ans, notamment auprès d’enfants avec des troubles des fonctions cognitives, elle s’est également formée à de nombreuses approches thérapeutiques (hypnothérapie, EFT, coaching) et a progressivement basculé d’enseignante à thérapeute. 

Hypnothérapeute, elle met quotidiennement ses outils et son expérience de vie au service de l’épanouissement de chacun. Et toujours passionnée de pédagogie, elle est également formatrice d’enseignants et formatrice en langues sous hypnose.

Vous pouvez retrouver son blog en cliquant ici : Personalis Legenda – Muriel Josselin

Muriel Josselin

Références 

Yakup Çetin, O. Arda Çimen & Zeynep Ebrar Yetkiner (2016) Using Hypnosis to Enhance Learning Second Language Vocabulary, American Journal of Clinical Hypnosis, 58:4, 399-410, DOI: 10.1080/00029157.2015.1121373. Disponible sur : Using Hypnosis to Enhance Learning Second Language Vocabulary: American Journal of Clinical Hypnosis: Vol 58, No 4 (tandfonline.com) (consulté le 13/07/2023). 

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