L’hypnose thérapeutique, quatre conférences

Dans cet article, nous abordons les notions du livre “L’hypnose thérapeutique, quatre conférences”. 

Cet ouvrage a été écrit par Milton H. Erickson, le père de l’hypnose Ericksonienne et Jacques-Antoine-Malarewicz, durant les années 1960, qui correspondent à une période d’expansion et de développement de l’hypnose et des thérapies brèves. 

Dans ce livre, 4 conférences du Docteur Milton Erickson vous sont présentées, afin d’approfondir les connaissances de ce sujet qui nous passionne. 

Décrivons d’abord la première conférence. 

La première conférence : l’utilisation des processus inconscients dans l’hypnose

La première conférence concerne l’utilisation des processus qui permettent de créer l’état de transe, caractéristique de l’hypnose. La communication s’effectue à 2 niveaux : la communication consciente et la communication inconsciente.
La communication consciente est infime, tandis que la communication inconsciente est beaucoup plus importante.

En effet, si quelqu’un vous dit “Je suis serein”, et qu’il a les ongles rongés, des plaques rouges dans le cou, qu’il transpire à grosses gouttes… Probablement que vous ne le croirez pas car sa communication inconsciente le trahit en quelque sorte.
L’hypnose est une façon de dialoguer efficacement avec cet inconscient, afin de le rendre réellement serein, dans l’exemple précédent, et que le discours conscient de la personne soit cohérent avec son discours inconscient. L’hypnose permet 


L’histoire de l’apprentissage de la conduite… par le détournement d’attention de l’esprit conscient
Dans le livre, Milton Erickson dit : “Vous pensez tous que, lorsque vous travaillez avec l’hypnose, vous avez besoin de l’inventer et de travailler avec elle comme une façon de communiquer telle ou telle idée au patient. Je pense qu’il faut que vous vous rendiez compte que l’inconscient de l’être humain est quelque chose d’assez compréhensif. Il y a toute une histoire biologique derrière la séparation de l’esprit inconscient – un concept pratique, parce qu’il décrit un certain genre de comportement. L’histoire biologique de la race humaine nous révèle qu’un grand nombre de comportements humains ne viennent jamais à la conscience, pourtant ils sont largement utilisés pour gouverner les personnes. Je ne crois pas que la petite fille de deux ans ait jamais exprimé en termes conscients la façon de diriger sa mère, mais cette enfant savait sûrement comment diriger sa mère. Je pense que chacun de nous doit reconnaître qu’il y a un très grand nombre de choses que nous apprenons d’abord à un niveau conscient de façon à les réaliser de manière plus efficace et sans efforts. Maintenant, ceux d’entre vous qui m’ont entendu mentionner tout à l’heure cet exemple me pardonneront de me répéter. Prenez la personne qui apprend à conduire une voiture : « Maintenant, voyons… Je mets mon pied gauche sur la pédale d’embrayage… Je mets mon pied droit sur l’accélérateur… Je tiens le volant de cette façon… Oh, il vaudrait mieux que je mette la main droite un peu plus bas que la gauche – ou c’est le contraire ! Et maintenant, je peux démarrer la voiture. » Et cette personne parcourt les étapes de cette laborieuse et consciente procédure d’analyse de son comportement jusqu’à ce qu’un jour elle prend sa voiture et traverse toute la ville en pleine circulation, tout en parlant avec une charmante amie. Et il est tellement surpris de se retrouver devant le bon garage parce qu’il ne savait même pas qu’il était de l’autre côté de la ville. Apparemment, il a conduit avec prudence, sans recevoir de contraventions ; pourtant, il ne pouvait pas se souvenir d’avoir traversé cette partie de la ville, parce qu’il était tellement absorbé. D’une certaine façon, il était en train de conduire sa voiture à un niveau inconscient, tout en dirigeant son attention consciente vers la conversation”. Il s’agit ici d’un exemple de détournement d’attention (consciente), pour laisser le volant à l’inconscient.

L’univers de l’inconscient
L’inconscient est un vaste réservoir d’apprentissage et de ressources. Ce que nous cherchons parfois à “forcer” au niveau du conscient peut se faire très facilement avec les bonnes techniques, les bons mots, lorsque l’on dialogue avec l’inconscient.
C’est comme si vous cherchiez à ouvrir un coffre fort avec une clé, alors que vous avez simplement besoin d’inscrire les bons chiffres sur le digicode. Rien ne sert de forcer, sinon générer de la résistance chez le client.


L’hypnose est donc une manière de communiquer des idées, des suggestions, et des pistes de solutions au client en parlant à son inconscient. 

Erickson le dit : “faites confiance à ce grand réservoir d’apprentissage que possède l’inconscient”. Ainsi, il utilise l’hypnose comme vecteur d’apprentissage. Si une personne a appris à manger en quantités déraisonnables, elle est également capable d’apprendre à manger des quantités raisonnables. Il s’agit juste d’une question d’apprentissage. Et ces apprentissages peuvent se faire extrêmement rapidement en passant par l’inconscient. 

L’engagement d’une personne en transe

Ensuite, Erickson démontre ensuite dans cet ouvrage comment amener cette personne en transe, c’est-à-dire comment faire pour créer cet état cérébral facilitant les apprentissages et le changement. Il utilise ici une technique qui consiste à focaliser l’attention du sujet sur un élément (de la même manière que certains hypnotiseurs de spectacle utilisent la boussole pour focaliser l’attention du sujet). 

Puis, Il explique les différentes étapes d’une transe à l’aide de son sujet qui est sur la scène avec lui. Il raconte la distinction entre la “vraie transe” et la “fausse transe”, avec l’aide d’indices facilement visibles tel que l’immobilité d’un membre en lévitation : Erickson saisit le bras d’une des personnes présentes, qui reste en suspension dans les airs. Cela témoigne de l’état de transe de la personne, c’est comme si son bras ne lui appartenait plus, et n’était plus sujets au phénomène de fatigue que l’on peut tous connaître en gardant notre bras tendu, en suspension en l’air  Une personne en transe a la capacité de garder continuellement la même position alors qu’une personne en fausse transe sera incapable de garder cette position indéfiniment. 

Il mentionne aussi la focalisation de l’attention (consciente), afin de libérer en quelque sorte les pouvoirs de l’inconscient. Il explique comment il utilise l’ouverture et la fermeture successive des yeux afin de plonger la personne dans une transe de plus en plus profonde (on parle alors d’approfondissement), et également pour la faire remonter à son rythme à la conscience. 

Erickson explique donc avec précision comment dialoguer avec l’inconscient, comment générer un état de transe chez son client, afin de faciliter les changements et les apprentissages… Mais plusieurs questions persistent : quels sont les bénéfices de l’hypnose ? à quoi cela peut-il nous servir ?

Par ailleurs, c’est à travers la deuxième conférence que celui-ci va nous indiquer ce que l’hypnose apporte dans la réalité.

La deuxième conférence : le changement de perception de réalité

La deuxième conférence traite de la modification de la perception de la réalité par le sujet en état de transe hypnotique. 

Erickson souhaite nous montrer, par différentes histoires, qu’il est important d’accepter la réalité du sujet et d’utiliser son point de vue pour être en mesure d’obtenir un certain changement dans le comportement d’une personne. 

L’histoire du petit garçon qui suçait son pouce gauche… mais pas le droit 

Il raconte l’histoire d’un garçon de six ans, Jimmy, qui suce son pouce continuellement. Les parents ont essayé de lui faire peur en lui parlant des maladies qu’il pourrait contracter, mais cela ne change rien. 

Erickson, lui, agit différemment. Il autorise le jeune garçon à sucer son pouce, car ce pouce lui appartient et que personne ne peut lui ordonner d’arrêter ce geste. 

Toutefois, Erickson dit au garçon que lui seul, Jimmy, peut donner des ordres à son pouce et à sa bouche. Erickson lui mentionne qu’il trouve cela très injuste pour le pouce droit, car il suce seulement son pouce gauche. Son pouce droit a autant le droit d’être sucé que son pouce gauche. Le jeune garçon a donc commencé à délaisser un peu son pouce gauche pour sucer son pouce droit en sachant que Jimmy suce son pouce gauche seulement 50% du temps.  Plus tard, il fait le même processus pour les autres doigts. 

C’est le principe du “diviser pour mieux régner” que Erickson met en application ici, sous une forme thérapeutique à la fois élégante et stratégique. De cette manière, il “décompose” le symptôme, et détourne également l’attention de Jimmy. 

Par la suite, il aborde l’idée avec Jimmy qu’il allait avoir sept ans bientôt et qu’à sept ans, nous sommes de grands garçons et que les grands garçons ne sucent plus leur pouce.  Erickson démontre donc l’importance d’accepter la réalité d’une personne : il rentre dans la carte du monde de ce jeune garçon qui souhaite être perçu comme un grand garçon, probablement source de valorisation. Il génère donc une motivation intrinsèque et intense chez Jimmy, contrairement à la motivation extrinsèque très faible imposée initialement par ses parents. La motivation de Jimmy n’est pas d’arrêter de sucer son pouce, mais de devenir un grand garçon. Il déconnecte donc le lien qui existait entre “sucer son pouce” et “autorité des parents” qui peut signifier dans l’esprit du jeune homme “privation de liberté”, et qui engendre évidemment un renforcement du symptôme par rébellion. Puis il reconnecte le comportement “sucer son pouce”, au fait de devenir un grand garçon. Il s’agit simplement d’une partie de l’intervention de Milton Erickson. Chaque phrase peut être disséquée, pour en déterminer la stratégie. 

Et il en va de même pour les traumatismes et les phobies : il est encore important, selon Erickson, de connaître la réalité du sujet. Ce qui pour certains peut s’apparenter à un tsunami, sera un verre d’eau pour d’autres. 

Dans sa troisième conférence, dont nous allons parler juste après, Milton Erickson nous délivre ses techniques pour faciliter la mise en transe du sujet. 

La troisième conférence : Les techniques d’induction hypnotique

Le sujet principal de la troisième conférence porte sur les techniques d’induction hypnotique. Il parle notamment des techniques de focalisation interne, dont le but est d’amener le client dans un voyage intérieur, de lui parler de son monde interne, afin de le “couper” du monde extérieur. 

Erickson mentionne que la mise en état de transe n’est pas vraiment réalisée par le thérapeute, mais par le sujet lui-même, puisque toute hypnose est d’abord auto-hypnose. C’est de cette façon que ses mécanismes de défenses tombent et que la personne peut être réceptive à ce qu’elle entend (et même à ce qu’elle n’entend pas).

Erickson présente différentes techniques devant son auditoire : la technique de relaxation et d’induction par fixation oculaire, la technique permissive, l’utilisation de la résistance, la participation au comportement du sujet, le choix illusoire, l’utilisation de la nature humaine, la distraction et la confusion, le choc et la surprise.

La technique de fixation oculaire

Lors de cette technique, le thérapeute demande à son client de regarder fixement un point ou un objet. Cette fixation est de plus en plus intense, si bien que la personne ne va bientôt plus voir que le point, et oublier tout ce qu’il y a autour d’elle. Il s’agit d’un phénomène de focalisation externe, ici, qui va en plus générer une fatigue oculaire, et rendre désirable le fait de fermer ses paupières. En interdisant au sujet de fermer les yeux, le thérapeute accroît la fatigue, et augmente la désirabilité de la transe.

L’utilisation du langage permissif

La technique permissive permet d’assurer et de faciliter la coopération du client. On lui demande quelque chose au lieu de lui imposer. 

Par exemple : “vous pouvez continuer à lire cet article, car vous y apprenez des choses intéressantes, et vous avez la possibilité d’augmenter votre compétence dans ce domaine qui vous intéresse, et, peut-être, vous passionne”. Il s’agit d’une forme de discours permissif, qui génère nettement moins de résistance que ce type de discours : “LISEZ CE TEXTE JUSQU’À LA FIN”. Le langage permissif laisse la liberté au sujet de faire ce qu’il souhaite, ce qui est aussi pertinent dans la thérapie ou l’accompagnement : le client  est responsable de ce qu’il fait. 

Comment détourner les résistances

Pour l’utilisation de la résistance, Erickson mentionne que le client résiste soit parce qu’il a peur ou soit parce qu’il entre dans une lutte avec le thérapeute. En hypnose, un des principes sur lesquels nous nous appuyons est que la résistance est un indice précieux sur l’attitude du thérapeute. Si le client a de la résistance à partir en transe, c’est qu’une partie de lui n’est pas accompagnée.Il est donc nécessaire, si l’on revient aux points évoqués dans la deuxième conférence, de rentrer dans la carte du monde du client, d’adopter son point de vue, afin de l’en sortir par la suite (ce qu’on appelle le suivre et guider). La résistance est un indice précieux sur le fait que le thérapeute n’accompagne pas la totalité de la personne qu’il a en face, et qu’il existe “des parties”, qui ne sont pas encore prêtes, et qui ont besoin d’être rassurées ou sécurisées. 

Si le client rentre en lutte, le thérapeute ne doit pas entrer dans le jeu, mais bien comprendre que cela cache autre chose. Il peut utiliser cette lutte dans sa stratégie thérapeutique.

L’utilisation du choix illusoire : préférez-vous lire cette partie maintenant ou dans quelques minutes ?

Pour le choix illusoire, il s’agit d’énoncer quelque chose jusqu’à ce que la personne pense avoir un choix alors qu’elle en a pas. 

Dans l’exemple du titre, vous pensez avoir le choix de lire maintenant ou de lire plus tard, mais en réalité cette question vous invite, dans tous les cas, à lire cet article. 

Erickson affirme : “ je n’ai jamais demandé à mes enfants d’aller au lit à 8 heures. Au lieu de cela, je leur demanderais : Voulez-vous aller au lit à 8 heures, ou à 8 heures moins le quart ?”. 

De leur côté, ils répondent avec entrain : “À 8 heures !”. 

Je n’ai pas eu besoin de le dire. Et à table, je leur demande: “Voulez-vous une grande portion de ce légume ou simplement une portion moyenne ?”.

S’il leur avait posé la question “Voulez-vous des légumes ?”, ils auraient probablement répondu “Non”. 

S’il leur avait posé la question “Quelle quantité de légumes voulez-vous ?”, ils auraient probablement répondu : “Rien du tout !”.

Ici, Erickson utilise un choix illusoire, afin que ses enfants mangent des légumes ou se couchent à l’heure désirée, sans générer de résistance (car les enfants pensent que ce sont eux qui ont choisi).

La complexité de la nature humaine

Quant à la “complexité” de la nature humaine, Erickson le dit, il s’agit d’une façon sur comment utiliser ou affaiblir le fonctionnement psychologique : “Un après-midi, une patiente a tout simplement décidé qu’elle allait rester dans mon bureau pour le reste de l’après-midi parce que, expliqua-t-elle, elle trouvait la transe hypnotique tellement reposante et tellement confortable. Lorsqu’elle m’annonça cela, je lui ai dit que j’avais d’autres patients à voir. Elle m’a dit d’annuler leurs rendez-vous. Je lui ai dit que j’aurais à lui faire payer le temps supplémentaire. Elle a dit que cela lui convenait. Puis j’ai exprimé le pieux  souhait qu’elle se sente très confortable, très reposée tout au long de l’après-midi et que j’espérais vraiment qu’elle n’aurait pas à se déranger elle-même pour aller aux toilettes. Cinq minutes plus tard, elle se trouvait aux toilettes ! “. En exprimant ce “pieux souhait”, qui est une suggestion indirecte, Erickson a changé l’état d’esprit de cette personne. 

Distraction et confusion 

Pour ce qui est de la distraction et de la confusion, ces techniques permettent à Erickson d’amener le sujet en transe, même si celui-ci ne le veut pas. L’objectif ici est de créer un état d’interrogation, propice à la mise en transe (ou à l’approfondissement de la transe). Le thérapeute sature la partie consciente qui cherche à comprendre  afin d’accéder à la partie inconsciente, un peu comme lors d’un tour de magie. Le magicien réalise des mouvements brusques pour capter l’attention des spectateurs, et la détourner de mouvements discrets que le spectateur ne voit pas, pour créer le tour de magie (disparition d’objet, apparition d’objets). Le conscient est comme un chien à qui on donne un os à ronger, pendant que nous pouvons tranquillement rentrer dans la maison, l’inconscient, et ce, sans craindre d’être mordu. 

L’utilisation du choc et de la surprise 

Milton Erickson utilise aussi le choc et la surprise, qui génèrent d’ailleurs une confusion, évoquée juste avant, afin de provoquer changement dans les croyances d’une personne. Toutes ces techniques sont expliquées par Erickson et imagées par différents cas qu’il a eu tout au long de sa carrière de thérapeute. 

Enfin, Erickson va évoquer dans sa quatrième conférence, comment on peut contrôler notre douleur à travers l’hypnose. Quand on sait que plus d’un adulte sur 3 souffre de douleurs en France… cela peut être judicieux de poursuivre votre lecture, si vous le désirez, bien entendu.

La quatrième conférence : L’hypnose et la douleur

La quatrième conférence aborde le thème de l’hypnose dans le contrôle de la douleur. 

“Afin d’utiliser l’hypnose dans le travail avec la douleur, il est nécessaire de considérer la douleur de manière très analytique. La douleur n’est pas un stimulus simple, sans complication et nocif. Au contraire, elle a beaucoup de significations temporelles, émotionnelles, psychologiques et somatiques. Elle est une force contraignante et motivante dans les expériences de la vie. Elle est la raison fondamentale qui amène la recherche d’une aide médicale ou dentaire. Qui ferait l’effort de voir un médecin ou un dentiste si cela ne faisait pas mal ? La douleur est un complexe – une construction – composé de douleurs passées et remémorées, de la douleur présente, et des douleurs

anticipées du futur. Ainsi, la douleur immédiate est augmentée des douleurs du passé et rehaussées par les futures possibilités de douleur. Le stimulus douloureux immédiat constitue seulement le tiers central de l’ensemble de l’expérience. Rien n’intensifie plus la douleur que la peur de sa présence le

lendemain ; de la même façon, elle est intensifiée par le fait de réaliser que la même douleur, ou une douleur similaire, a été expérimentée dans le passé, et ce souvenir, associé à la douleur immédiate, rend le futur encore plus menaçant”.

Erickson reprend donc différentes techniques qu’il a mentionnées lors de la troisième conférence pour expliquer comment il est possible pour une personne de contrôler sa douleur. 

Le déplacement de la douleur : “par ici la sortie !”

Par exemple, il aborde la technique de déplacement de la douleur, ou délocalisation de la douleur (qu’il nomme “désorientation” dans cet ouvrage). “Voyons, est-ce que cette douleur est dans ta jambe droite, ou dans ta jambe gauche ?… Voyons, laquelle est la jambe gauche et laquelle est la

jambe droite ?”. Et vous pouvez vous confusionner autant que vous confusionnez l’enfant sur cette question de l’endroit où se trouve la douleur et sur la question de savoir quelle est laquelle des deux jambes. “Et maintenant, se trouve-t-elle à l’extérieur de l’extérieur de ta jambe,

ou se trouve-t-elle à l’intérieur de l’intérieur ?”.  Cette confusion permet de modifier l’émotion en lien avec la douleur, et donc la douleur, en tant qu’expérience sensorielle et émotionnelle, s’atténue. En “jouant” sur le levier émotion, on intervient également sur le levier sensorialité. Il existe de nombreuses possibilités d’atténuer les douleurs en hypnose : “ce que j’ai découvert était que je pouvais les mettre en transe et les amener à perdre leurs douleurs sans suggérer une anesthésie ou une analgésie.“

Fractionnement de la douleur

Erickson mentionne aussi une “approche fractionnée de la réduction de la douleur ». Comment peut-on manger un éléphant ? En le mangeant bouchée par bouchée. 

On peut réduire la douleur de quelques pourcentages difficilement perceptibles corporellement, et en accumulant tous ces petits pourcentages, la douleur peut alors diminuer nettement. C’est ce qu’il prouve avec une de ses patientes dans cette conférence. 

La dissociation

“La dissociation psychologique est une autre méthode hypnotique de travail avec la douleur”. Au départ, la dissociation est un mécanisme psychique de protection et de défense : lorsqu’une personne vit une situation trop intense (par exemple dans le cas d’un traumatisme tel qu’un viol), la personne se dissocie afin de ne plus ressentir ces sensations et émotions tellement douloureuses. En hypnose, on utilise ce phénomène naturel de défense, pour prendre du recul sur une situation ou une sensation déplaisante. En fait, la dissociation méthode consiste d’être à la fois ici (corporellementà et ailleurs (psychologiquement). 

L’amnésie et la distorsion du temps

Milton Erickson évoque aussi l’utilisation de l’amnésie et de la distorsion du temps. Une des problématiques lorsque l’on souffre de douleur est que l’on est omnibulé par cela. Cela devient le centre de notre attention, le centre de notre vie. Et comme chaque fois que l’on vit une expérience déplaisante, le temps passe beaucoup moins vite, et nous paraît beaucoup (…) beaucoup plus long. Il propose donc d’oublier la douleur vécue par le passé, même si la personne a eu mal la veille et de ne pas penser à la douleur du futur que la personne pourrait ressentir demain par exemple. De la même manière, sous hypnose, il peut suggérer une accélération du temps, et plus le temps passe vite, moins la douleur a de prise et plus elle se réduit. 

À travers ces quatre conférences, Erickson donne un magnifique aperçu des bases nécessaires à la compréhension de l’hypnose, et les illustre à merveille avec des histoires, des “cas cliniques”, des exemples tous plus parlants les uns que les autres.  

Pour résumer

Ainsi, Erickson nous offre dans cet ouvrage la possibilité d’assister à ses conférences. Il illustre les concepts d’exemples riches et variés, tous plus intéressants les uns que les autres. Il s’appuie évidemment sur des métaphores, bases de l’hypnose ericksonienne, et langage de l’inconscient par excellence. Ces métaphores permettent d’avoir accès aux ressources inconscientes, et aussi à contourner les résistances. 

Dans sa première conférence, Erickson parle notamment de l’univers de l’inconscient, de son langage, et des blocages qui peuvent exister pour y accéder.

Dans la seconde conférence, il  explique comment générer un état de transe, propice à la modification des perceptions, des croyances, afin de créer une “nouvelle” réalité pour le sujet. 

Dans la troisième conférence, il aborde les différentes techniques hypnotiques, notamment les techniques de langage, afin d’accompagner le sujet en hypnose. 

Enfin, il évoque les intérêts de l’hypnose pour traiter, gérer et atténuer les douleurs. Cet ouvrage est extrêmement riche et

Pour aller plus loin 

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