Pourquoi des chercheurs ont-ils volontairement rendu une personne sourde (temporairement) par le biais de l’Hypnose ?

Dans cet article, nous allons vous parler d’une expérience qui a été réalisée dernièrement par une équipe de chercheurs, dans le but de lever le voile sur les mécanismes d’accès à la conscience, notamment lors du phénomène de perception des sons. 

Qu’est ce que l’hypnose ? 

L’hypnose est une pratique dans laquelle on cherche à focaliser ou défocaliser l’attention consciente du client, pour permettre à son inconscient d’être plus présent et d’aller puiser des ressources dont il a besoin. 

Cette pratique est utilisée en médecine et en neurosciences pour, par exemple,  soulager la douleur lors d’interventions médicales, ou dans le contexte de maladies chroniques. Cela fonctionne également pour de nombreux autres sujets tels que la gestion du stress, l’anxiété, la perte de poids, l’arrêt de la cigarette, etc.

La Surdité Hypnotique

Une équipe de recherche associant des chercheurs et chercheuses de Sorbonne Université, de l’AP-HP, du CNRS et de l’Inserm, dirigée par le professeur Lionel Naccache, a étudié les fonctionnements du cerveau lorsqu’un humain est atteint de surdité.

“Chez un sujet humain sans pathologie, les étapes de la perception auditive sont déjà bien connues. Dans l’oreille interne, le son perçu entraîne des variations de pression de l’air qui sont converties en signal électrique. Ce signal est acheminé jusqu’au cortex auditif et déclenche une série d’événements détectables par imagerie cérébrale. Tout d’abord, les régions auditives dites « primaires » établissent une carte mentale des caractéristiques du son perçu, un phénomène identifié par l’enregistrement d’une onde cérébrale dite P1. Survient ensuite une onde dite MMN, liée à l’analyse de la cohérence acoustique du son perçu par rapport au son théoriquement attendu. Alors que les deux étapes précédentes se produisent de manière inconsciente, la dernière étape correspond à la prise de conscience du son perçu par le sujet : elle se caractérise par l’onde dite P300. À ce stade, la représentation du stimulus auditif se propage dans le réseau cérébral.

Durant la surdité hypnotique, Lionel Naccache et ses collègues ont observé que les deux premières étapes de la perception d’un stimulus auditif étaient inchangées par rapport à la situation normale où la patiente n’était pas sourde. En revanche, ils ont remarqué une disparition totale de l’onde P300. L’induction hypnotique aurait ainsi inhibé l’étape de la prise de conscience subjective sans affecter l’intégration des événements inconscients de la perception auditive. 

Hypothèses

Cela suggère que l’individu sourd a mis en place un mécanisme bloquant le passage de l’information auditive à l’espace conscient. Ces observations confirment les hypothèses que l’équipe avait formulées en s’appuyant sur la théorie de l’« espace de travail neuronal global conscient », développée depuis 2001 par Stanislas Dehaene, Jean-Pierre Changeux et Lionel Naccache. « Cette théorie stipule que la prise de conscience d’une information correspond à son accès à un vaste réseau d’aires cérébrales engagées dans une forme de conversation complexe et cohérente, et que l’onde P300 est une signature de cet accès à l’espace de travail global. En montrant que l’absence de conscience des sons était associée spécifiquement à l’abolition de la P300, nous avons pu vérifier cette prédiction », souligne Lionel Naccache.

  1. Détection des sons : le cerveau est capable de détecter la localisation de l’objet qui produit la vibration et ce, même si ce dernier est en mouvement. Quand vous entendez un bruit au loin, très rapidement, vous allez tourner la tête dans la direction du bruit. Puis, si le bruit ne vient pas de cet endroit, vous allez affiner cette recherche jusqu’à trouver l’endroit d’où cela provient. 
  2. Distinction des sons de son interlocuteur avec le bruit qu’il y a autour de lui, 
  3. Identification du son qui arrive à ses oreilles (cela peut être une voix, un instrument ou tout autre son) ce qui amène à la reconnaissance du son. Par exemple, « c’est la voix de mon ami”.
  4. Compréhension du son qu’il écoute. 

Les chercheurs ont généré un état de transe chez une femme en bonne santé, en utilisant l’hypnose, puis ont induit une surdité temporaire chez elle. Ils ont analysé et enregistré les étapes cérébrales de sa perception auditive en condition normale et en condition de surdité par électroencéphalographie (EEG), ce qui leur a permis de suivre et mesurer l’activité cérébrale avec une résolution temporelle extrêmement précise (de l’ordre du millième de seconde).

En outre, l’équipe suggère que le siège de cette inhibition se situe dans une région du lobe frontal nommée « cortex cingulaire antérieur », une structure cruciale dans le contrôle inhibiteur et la détection de conflits entre différentes réponses comportementales.

Les résultats de cette étude, loin d’être applicables à l’ensemble de la population s’ils ne sont pas effectués sur un large groupe d’individus, apportent toutefois de nouvelles clés sur les théories de l’accès aux états conscients. Ils ouvrent notamment la possibilité d’envisager des thérapies afin de soigner certains troubles neurologiques grâce à l’induction hypnotique.

Des résultats qui permettent d’ouvrir le champ des possibles

Les résultats de cette étude apportent toutefois de nouvelles clés sur les théories de l’accès aux états conscients. Ils ouvrent notamment la possibilité d’envisager des thérapies afin de soigner certains troubles neurologiques grâce à l’induction hypnotique.

En résumé 

L’induction hypnotique se fait d’une multitude de façon, notamment pour tous les troubles du comportement, le stress, les peurs, les dépressions, les insomnies, les obsessions mais aussi la douleur, l’objectif étant de  capter l’attention de l’individu en provoquant un état de dissociation entre lui et son environnement, pour ce faire, on procède par des stimulations du système sensoriel.

Néanmoins, tout individu privilégie toujours inconsciemment l’un de ces cinq sens pour acquérir et traiter les informations de son environnement (ce qui est appelé « canal préférentiel »). Le praticien est donc appelé à effectuer un bref test pour déterminer le canal sensoriel privilégié par son client et adapter sa méthode d’induction en conséquence.

Pour aller plus loin 

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